Les grandes campagnes de marque se construisent rarement en quelques semaines. Celle de Polymarket, elle, n’a eu que ça.
Polymarket, plateforme de prédictions en crypto qui permet à ses utilisateurs de parier sur des événements réels, a lancé sa toute première campagne de marque en pleine Coupe du Monde 2026. Intitulée Questions Are Everything, elle a été créée par le directeur créatif de la marque, Daf Orlovsky, en partenariat avec les agences new-yorkaises Better Half et Four Four Entertainment. Le résultat est un film hero de 75 secondes, une galerie de portraits nationaux, une narration signée Rick Rubin, et pour toile sonore, « Runaway » de Kanye West.
Une idée simple poussée jusqu’au bout
Le film Flags réunit 15 pays et un casting international incluant le rappeur Future et le musicien mexicain Peso Pluma. Chaque portrait est cadré par un drapeau national et pose une question tirée des marchés réels disponibles sur la plateforme, couvrant le sport, la culture, la politique, la tech et le divertissement. La règle était stricte : chaque question devait correspondre à un marché effectivement actif sur Polymarket.
Visuellement, la campagne s’est construite autour d’une référence précise : un photoshoot réalisé par le réalisateur Gabriel Moses pour i-D, mettant en scène des personnes posant devant un drapeau britannique. Ce cadre épuré, une personne, un drapeau, une question, est devenu la colonne vertébrale esthétique de toute la campagne. Will Mayer, co-fondateur de Better Half, résume l’intention : « Work like Apple’s Think Different is the North Star. Advertising that trusts one clear idea and doesn’t clutter it. »

Un tournage sous pression extrême
L’appel de Daf à Better Half est arrivé quelques semaines seulement avant le coup d’envoi du Mondial, avec une question directe : « Do you want to make one of the best campaigns of your life? » L’agence a dit oui, et le rythme s’est imposé aussitôt. Sur le plateau, les scripts étaient écrits en direct sur des ordinateurs portables, finalisés cinq minutes avant chaque tournage par pays, puis imprimés à la hâte.
Rick Rubin, confirmé seulement 24 heures avant le tournage, a débarqué avec une quarantaine de minutes pour relire et personnaliser ses textes avant de passer devant la caméra. L’objectif était clair : que sa narration sonne comme lui, pas comme quelque chose qu’on lui aurait tendu à froid. Pour la bande-son, après de nombreux allers-retours, l’équipe a choisi « Runaway ». Tout s’est mis en place en quelques jours, grâce aux relations directes de Polymarket avec les artistes.
LIRE AUSSI : Coinbase hacke les Oscars avec une pub inspirée des jeux PS1

Un lancement calibré sur les grands moments
Le film hero a été dévoilé pendant le match USA vs Turquie, avec des déclinaisons de 30 et 15 secondes par pays diffusées tout au long du tournoi. La campagne comprenait également un spot de 30 secondes pendant le combat UFC à la Maison Blanche, ainsi qu’un dispositif OOH déployé dans chaque marché concerné. Le tout a été complété par une présence en BVOD, SVOD et YouTube pour atteindre les petits entrepreneurs en haute attention.
Selon Will Mayer, le vrai défi n’était pas logistique mais créatif : rien dans la catégorie crypto ne ressemblait à cette campagne. Pas de référence à pointer, pas de précédent à rassurer le client. « You just have to believe in the idea and in the product enough to hold your nerve. » Le client n’a pas cligné. Et ça, c’est aussi une forme de bravoure.
LIRE AUSSI : Adidas dévoile un blockbuster publicitaire qui réunit Messi, Zidane et Chalamet





