Depuis le sol, on ne distingue que des fragments de couleur sur l’herbe. Il faut prendre de la hauteur pour que l’image se révèle : une main humaine et une patte de chien qui se rejoignent au milieu des Alpes.
À l’occasion de la sortie de Heart of the Beast, le film porté par Brad Pitt et attendu en salles le 23 septembre 2026, l’artiste franco-suisse Saype a réalisé dans la vallée du Beaufortain une fresque éphémère de 2 000 m². Une opération signée Paramount France qui sort la campagne des écrans pour l’inscrire directement dans le paysage.
Un geste tracé à même l’herbe
Au cœur d’un pâturage de haute montagne, Saype a peint la rencontre entre une main et une patte. Pas de signature, pas de slogan. Le geste se comprend immédiatement : confiance, fidélité, entraide. Il fait écho à James et Odin, les deux compagnons du film, confrontés à une nature aussi majestueuse qu’hostile.
Le choix du land art ajoute une couche de sens. L’œuvre n’existe pleinement que vue du ciel, et ce changement d’échelle devient un ressort de communication à part entière. Une image pensée pour exister dans le paysage, mais aussi pour circuler par la photographie, la vidéo et les réseaux sociaux.

Une sortie cinéma transformée en objet culturel
L’ambition affichée dépasse la campagne promotionnelle classique. Plutôt que de dupliquer une affiche ou un visuel de film, le dispositif confie l’idée centrale du récit à un artiste qui la réinterprète avec son propre langage. Le résultat n’est ni une déclinaison ni un support : c’est une œuvre autonome.
Cette fresque prolonge le vocabulaire de Beyond Walls, le projet international avec lequel Saype déploie depuis 2019 des mains monumentales symbolisant la solidarité, de la tour Eiffel aux pyramides de Gizeh. Ici, la chaîne change de nature : ce n’est plus une autre main qui vient à la rencontre de celle de l’homme, mais celle de son plus ancien compagnon.
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Une œuvre conçue pour s’effacer
Réalisée avec des pigments respectueux de l’environnement, la fresque disparaîtra du pâturage en quelques semaines. Cette temporalité courte sert le propos : les liens les plus précieux sont vivants et fragiles. Elle donne aussi à l’opération un caractère événementiel, l’œuvre n’étant visible qu’au moment précis où le film arrive en salles.
Le pari se joue sur un terrain familier. En France, près de 9,9 millions de chiens partageraient le quotidien de 30% des ménages selon Odoxa. Le spectaculaire n’est donc pas une fin en soi : il agrandit une émotion intime jusqu’à l’échelle d’une montagne, sans transformer celle-ci en panneau publicitaire.
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