Deuxième portrait de notre série consacrée aux jurés des DTP Awards : Ninon Peres, conceptrice-rédactrice senior chez 72andSunny Amsterdam, nous parle de fausse simplicité, d’insights et de bon goût.
Depuis la rentrée, les DTP Awards ne se jouent plus seulement au vote du public : un Prix du Jury, décerné par 20 professionnels du secteur, récompense aussi chaque mois la meilleure création française.
Après Mathilde Lançon (BETC), c’est au tour de Ninon Peres de se prêter au jeu. Passée par Serviceplan, Buzzman, Sid Lee et Droga5 London, elle revient sur la pub qui lui a donné envie de faire ce métier, sur sa vision de l’IA et sur une accroche dont elle est particulièrement fière.
1. Pouvez-vous vous présenter : votre parcours et ce que vous faites aujourd’hui ?
Je suis conceptrice-rédactrice senior chez 72andSunny Amsterdam.
Après avoir eu la chance de remporter des Cannes Lions dès ma première année chez Serviceplan, je suis allée chez Buzzman puis chez Sid Lee avant de m’envoler chez Droga5 London. Mais le problème quand on quitte la France une première fois, c’est que ça semble beaucoup moins compliqué de le faire une deuxième fois. Alors plutôt que de suivre mon directeur artistique de toujours à Paris, j’ai repris l’Eurostar pour une autre direction pluvieuse… Amsterdam.
2. Pour vous, qu’est-ce qui fait une bonne campagne ?
La fausse simplicité. Celle qui nous fait penser que ce qu’on voit est la seule chose qui aurait pu être faite pour répondre à ce brief. Mais d’une manière qu’on n’imaginait pas avant de la voir.
Et j’accorde une grande importance aux insights. Je crois que c’est d’ailleurs la partie que je préfère dans la recherche d’une idée. Et quand on a un bon insight, c’est un bon terreau pour faire pousser une bonne idée.
3. En tant que jurée, que regardez-vous en premier quand vous découvrez une campagne ?
J’essaie de me concentrer d’abord sur ce que ça me procure. Est-ce que je passe un bon moment ? Et ensuite la justesse, évidemment.
4. La campagne, toutes époques confondues, que vous auriez aimé signer ?
« Mr Wind » d’Epuron. Sans doute la pub qui m’a donné envie de faire ce métier.
Je trouve que c’est d’une justesse folle. Et même si le premier visionnage reste le meilleur pour profiter de la chute, quand on la revoit, on savoure encore davantage la qualité de l’écriture.
5. Une pub qui vous a marquée récemment ?
« Tiramisu » d’Oat Cult. Oat Cult, ce sont des flocons d’avoine à laisser tremper toute la nuit, pleins de bonnes bactéries pour l’intestin. Ça donne moyen envie, non ?
Comme un trou dégueulasse dans la forêt qui mange la vie pour recracher leur délicieux produit. C’est absurde. C’est super beau à regarder. Et ça fait du bien de voir quelque chose de différent !
6. Le cliché publicitaire que vous ne voulez plus voir ?
Que l’IA aurait pu le faire. Alors oui, je pense que n’importe quel créatif aujourd’hui flippe un peu (beaucoup) de l’IA qui prend de plus en plus de place dans nos quotidiens.
Mais je suis de ceux qui pensent que si elle a les skills, elle n’a pas le goût. Alors continuons de cultiver notre bon goût.
7. La plus belle prise de risque que vous ayez vu un annonceur accepter ?
Celle que j’ai vue de mes yeux, c’est La Vie qui accepte de sortir une accroche dont on redoute la fin dès qu’on commence à la lire : « C’est un juif, un vegan, un musulman et un viandard à la même table. Et c’est pas une blague. »
Dans un contexte où les Français étaient déjà divisés, je trouve ça culotté qu’un produit qui divise (les alternatives à la viande) rapproche les gens. C’est une accroche dont je suis très fière. J’ai évidemment envie de la battre, mais pour ça, il faut aussi des annonceurs prêts à oser.
Merci à Ninon Peres pour ces réponses, et rendez-vous sur la page des DTP Awards pour découvrir l’ensemble du jury et voter chaque mois pour votre campagne française préférée !

























