En Belgique, il existe un seul endroit où une femme touche exactement la même rémunération qu’un homme pour le même travail, et cet endroit est une cellule de prison.
C’est le constat absurde sur lequel repose la nouvelle campagne de l’ONG féministe ZIJKANT, dévoilée le 12 mars 2026 (oui on a un peu de retard) à l’occasion de l’Equal Pay Day belge. Signée par l’agence Mortierbrigade et réalisée par le duo Lionel Goldstein via Czar, elle prend le parti de l’humour noir pour dénoncer une réalité qui, elle, n’a rien de drôle.
Une anomalie statistique devenue insight créatif
Le point de départ de la campagne tient en une donnée. Sur l’ensemble du marché du travail belge, les femmes gagnent 20% de moins que leurs homologues masculins. Un écart qui traverse les secteurs, les niveaux de qualification et les statuts, avec une constance qui interroge.
Sauf dans un cas précis. Les détenues des prisons belges perçoivent une rémunération fixe pour le travail qu’elles effectuent, et cette grille tarifaire ne fait aucune distinction de genre. En cherchant l’exception à la règle, ZIJKANT et Mortierbrigade ont trouvé mieux qu’un chiffre : une image.

L’humour comme arme de conviction
Le film joue à fond la carte du décalage. Il montre jusqu’où des femmes seraient prêtes à aller pour accéder à une existence rémunérée équitablement, quitte à se faire volontairement arrêter et incarcérer. Le raisonnement est poussé jusqu’à l’absurde, ce qui en fait toute la force.
Ce choix de ton est loin d’être anodin dans un registre où le discours militant vire souvent au sermon. En déplaçant le curseur vers la comédie, la campagne s’offre une chance d’être partagée, commentée et retenue par un public qui aurait décroché face à un traitement purement dramatique. La désirabilité paradoxale de la prison fait le reste du travail.
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Une date qui rappelle une réalité concrète
L’Equal Pay Day n’est pas une journée symbolique choisie au hasard. Elle marque le moment de l’année jusqu’auquel les femmes doivent travailler pour atteindre ce que les hommes ont gagné sur l’année précédente. Chaque édition rappelle que l’écart n’est pas une abstraction statistique mais un manque à gagner mesurable.
ZIJKANT en fait un rendez-vous annuel de prise de parole depuis plusieurs années, avec un objectif qui dépasse la sensibilisation : obtenir des mesures concrètes pour réduire cet écart. Cette édition confirme que l’association a compris une chose essentielle en communication d’intérêt général. Pour être entendue sur un sujet dont tout le monde connaît déjà les chiffres, il faut cesser de répéter les chiffres et raconter autre chose.
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