Il y a cent ans, une petite agence ouvrait ses portes à Montmartre. Aujourd’hui, Publicis est l’un des plus grands groupes de communication au monde, et il a choisi Cannes pour le dire sans détour.
La créativité française, « brillante de façon imprévisible »
Arthur Sadoun n’a pas mâché ses mots pour définir ce qui distingue la France des autres grandes nations publicitaires. Là où les États-Unis excellent dans l’échelle et le Royaume-Uni dans la stratégie, la créativité française serait, selon lui, « unpredictably brilliant » : brillante de façon imprévisible. Une formule qui résonne particulièrement dans le contexte de cette 73e édition, alors que la France a été désignée Pays Créatif de l’Année 2026.

Cette conviction s’est traduite en résultats concrets sur la Croisette. Marcel, agence du groupe, a remporté un Gold Lion en Outdoor pour la campagne « Let’s End Fast Tech » réalisée pour Back Market. BETC a de son côté décroché un Gold Lion en Print & Publishing pour « The Trojan Fax », campagne pour le Comité français de l’UICN et Fujifilm. Des distinctions qui illustrent, selon Sadoun, ce que la publicité française sait faire de mieux : prendre position.
L’IA : un accélérateur, pas un substitut
Sur la question de l’intelligence artificielle, le CEO de Publicis a tenu un discours de mise en garde autant que d’ambition. « Si l’industrie créative ne se réinvente pas plus vite et plus profondément, nous risquons de détruire des emplois« , a-t-il déclaré. Mais il a immédiatement posé une limite claire : « Si vous misez sur l’IA sans prendre en compte la dimension humaine, vous obtiendrez toujours le même résultat.«
Interrogé par le Wall Street Journal sur la capacité de Publicis à convaincre les marchés financiers que l’IA sera un moteur de croissance, Sadoun a répondu avec une franchise qui a marqué les esprits : « On se fiche de devoir convaincre Wall Street ». Le groupe préfère jouer sur le temps long, en investissant dans les talents capables d’implémenter ces technologies pour ses clients, à l’image de ce que font les grands acteurs de l’IA eux-mêmes.
LIRE AUSSI : Publicis Conseil sacrée Agence de l’année aux Cannes Lions 2025

Hommage aux bâtisseurs d’une industrie
Au-delà de la vision stratégique, la soirée a été l’occasion de rendre hommage aux figures qui ont construit la publicité française. Arthur Sadoun a salué Jacques Séguéla, Jean-Marie Dru, Marie-Catherine Dupuy et Mercedes Erra, fondatrice de BETC, pour leur contribution à l’influence des marques françaises sur la scène internationale.
Une mention particulière a été adressée à Maurice Lévy lui-même, que Sadoun a qualifié affectueusement de « lion qui n’abandonne jamais« . Lévy, qui a pris les rênes du groupe en 1987 avant de les passer à Sadoun en 2017, a rappelé que la force du groupe réside dans la capacité de ses dirigeants à dépasser leurs égos respectifs au service d’un ensemble plus grand. Une conviction qui, en cent ans, n’a visiblement pas pris une ride.
LIRE AUSSI : Cannes Lions 2026 : la France est sacrée « Creative Country of the Year »





