La marque française Sojasun s’associe à l’agence Marcel pour lancer une campagne audacieuse qui prend pour cible les clichés des communautés masculinistes.
Le phénomène prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux. Les mouvements masculinistes, obsédés par les protéines pour sculpter leur corps, manifestent un mépris profond pour le soja. Dans ces cercles, l’expression « homme soja » est devenue une insulte visant à disqualifier la virilité. Face à ce bruit de fond numérique qui cumule des milliers de vues, le pionnier du soja en France a choisi de réagir de manière créative et frontale.
Un piratage ciblé des espaces numériques
Pour démontrer la richesse nutritionnelle de ses produits tout en s’amusant de ces stéréotypes, la marque a imaginé un dispositif de harcèlement créatif élaboré par l’agence Marcel. L’idée consistait à proposer directement à ces influenceurs de devenir les nouveaux ambassadeurs de la marque, sous le pseudonyme de SojaMan. Les équipes ont infiltré tous les canaux de communication favoris de ces communautés pour leur soumettre cette proposition inattendue.
Les actions de guérilla marketing se sont multipliées sur plusieurs plateformes. Des storyboards ont été envoyés par courriel, tandis que des commentaires ciblaient les vidéos TikTok des figures du mouvement. Les équipes se sont également invitées en pré-roll sur YouTube, par des dons sur Twitch, et dans des listes de lecture Spotify. Un camion promotionnel, impossible à ignorer, a même été dépêché sur le terrain.

Le refus comme preuve par l’absurde
Sans surprise, la totalité des créateurs de contenu contactés a catégoriquement refusé de s’associer à la marque. Ce rejet systématique constitue précisément le cœur de la démonstration imaginée par Antonin Jacquot, directeur de création chez Marcel. En déclinant l’offre, les masculinistes confirment la conclusion logique de la campagne : les produits sont gorgés de protéines végétales de haute qualité, mais ils ne sont pas faits pour eux. Et c’est tant mieux.
Cette approche courageuse a été immédiatement validée par Vanessa Chabrel, Directrice Générale du pôle végétal chez Olga, qui a perçu l’opportunité de retourner une situation critique. Plutôt que de pratiquer la politique de l’autruche face aux attaques numériques, l’entreprise utilise l’ironie pour réaffirmer la valeur de ses ingrédients. Le soja se positionne comme une excellente alternative nutritionnelle, cultivée en France et garantie sans OGM.
LIRE AUSSI : PETA détourne les codes de la virilité pour booster le régime vegan

Une nouvelle orientation stratégique et culturelle
Cette prise de parole marque un tournant majeur dans la communication globale de l’acteur de l’agroalimentaire. L’objectif est désormais d’inscrire l’entreprise au cœur de la culture populaire et de dialoguer avec les enjeux de son époque. En détournant les codes sociaux avec légèreté, la marque prouve qu’elle sait faire preuve d’autodérision sans pour autant renier les engagements éthiques et environnementaux qui guident ses actions depuis sa fondation.
Au-delà de l’aspect humoristique, l’opération valorise une démarche qualitative stricte basée sur le clean labelling et l’exigence nutritionnelle. La marque démontre qu’elle peut s’engager pour le progrès social tout en valorisant une production locale et responsable. Cette campagne donne le ton des futures expressions de l’entreprise, bien décidée à ne plus laisser les autres définir sa réputation.
LIRE AUSSI : ALDI s’excuse auprès des enfants pour ses légumes pas cher avec Buzzman






