À quelques kilomètres des plages que nous fréquentons chaque été, des baleines meurent, percutées par des navires, dans une indifférence presque totale.
Pour rompre cette invisibilité, le WWF France et l’agence indépendante Dagobert ont imaginé Whalemorial : une installation de 33 stèles en forme de queues de baleines, dressées dans le sable en bordure de Marseille. Une image empruntée aux mémoriaux de guerre, pour matérialiser les 33 cétacés qui meurent chaque année après avoir été heurtés par des embarcations en Méditerranée.
Une menace silencieuse au large de nos côtes
Le rorqual commun, deuxième plus grand animal de la planète, ne compte plus qu’entre 1 500 et 2 000 individus en Méditerranée, notamment dans le sanctuaire Pelagos. Une présence largement méconnue du grand public, alors que la menace est documentée et chiffrée : plus de 4 600 collisions sont recensées chaque année entre cétacés et navires dans ces eaux.
Sans action concrète, les baleines pourraient disparaître de Méditerranée d’ici la fin du siècle. Ce n’est pas une projection alarmiste : c’est la trajectoire actuelle. Et les collisions avec les navires de transport de marchandises et de passagers en sont la première cause de décès non naturelle.
Une solution connue, peu appliquée
Ce qui rend la situation d’autant plus difficile à accepter, c’est qu’une réponse existe. En dessous de 10 nœuds, le risque de collision mortelle devient quasi nul. Ralentir. C’est tout. Une mesure simple, peu coûteuse, qui n’a pour l’instant aucun caractère obligatoire pour la grande majorité des navires qui traversent la Méditerranée.
Avec Whalemorial, le WWF France interpelle directement les acteurs publics, scientifiques et du transport maritime pour obtenir des engagements concrets et mesurables. Le grand public est également invité à signer la pétition Urgence baleines et à soutenir les programmes Cap Cétacés et Stop Collision, menés sur le terrain.
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Une image qui fait le travail
Produite par Transfuges, avec Mathilde Garbé et Jérôme Burlet à la production, la campagne a été réalisée à Marseille par Zeke Film, avec une photographie signée Théo Giacometti. Le résultat est une image sobre, puissante, qui n’a pas besoin de surenchère pour imposer son propos.
Le mémorial dit en un seul visuel ce que des chiffres seuls n’arrivent pas à faire ressentir. Chaque stèle plantée dans le sable est un individu. Un animal. Une perte que l’on aurait pu éviter. Whalemorial rappelle, sans artifice, que ralentir n’est pas perdre du temps : c’est décider que ces vies comptent.
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