Certaines victimes ne peuvent pas raconter ce qu’elles ont subi, non par peur ou par honte, mais parce qu’elles n’en gardent aucun souvenir.
Le 28 septembre 2026, l’association #MendorsPas et Havas Paris ont lancé la première campagne nationale de sensibilisation à la soumission chimique. Portée par Gisèle Pelicot, ambassadrice de l’opération, elle réunit un film de Rebecca Zlotowski, des portraits signés Alice Moitié et une musique originale d’Ysé.
Une violence qui prospère dans l’ombre
La soumission chimique reste une violence méconnue et difficile à détecter. Privées de leur capacité à réagir, parfois même à se souvenir, les victimes peinent à identifier les faits et à les signaler. Selon l’enquête nationale sur le sujet, 75% des agressions sexuelles commises sous soumission chimique ont lieu dans le cercle proche. Près de 1 200 cas suspects sont recensés chaque année en France, un chiffre probablement sous-estimé.
Caroline Darian, présidente de #MendorsPas, et Arielle Schwab, vice-présidente d’Havas Paris, ont donc fait de la sensibilisation leur premier levier : faire connaître, identifier et orienter. L’agence accompagne l’association depuis plus de 4 ans. L’initiative est soutenue par Aurore Bergé, ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, la députée Sandrine Josso, le CRAFS, la Fondation des Femmes et l’AP-HP.
Le silence comme matière créative
Pour rendre visible une violence qui efface les souvenirs, Havas Paris a misé sur un paradoxe : montrer ce qui ne peut pas être raconté. Dans un studio, sous la direction de Rebecca Zlotowski, plusieurs personnes doivent répondre à une même question : « Est-ce que tu peux me raconter ce qu’il s’est passé ? ». Un beau-père, un compagnon, un collègue, un grand-père. Mais les mots ne viennent pas, jusqu’à ce qu’une voix souffle : « Je ne peux pas. » Le message tombe alors : « Il y a des crimes que l’on ne peut pas raconter, parce qu’on ne s’en souvient pas. »
Gisèle Pelicot conclut le film en invitant toute personne ayant un doute à se tourner vers le CRAFS. En affichage, 8 portraits photographiés par Alice Moitié portent une phrase incomplète, comme « Pendant des années, j’ai été ____ par mon mari », le mot manquant étant remplacé par un ruban sur la bouche. « Le silence est devenu notre matière créative », résument Sophie Schiari et Stéphane Gaubert, d’Havas Paris.
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Une mobilisation nationale jusqu’au 18 octobre
Le film de 1min25, décliné en formats de 60, 45 et 30 secondes, est diffusé du 28 septembre au 18 octobre sur 27 chaînes, dont TF1, France 2, France 3, France 5 et plusieurs antennes BFM régionales. La campagne s’affiche aussi dans Le Monde, Le Figaro et Le Parisien, en DOOH et sur les réseaux sociaux.
Au bout du parcours, un interlocuteur clair : le CRAFS, dont l’équipe de pharmacologues, psychologues et infirmières formées aux violences sexistes et sexuelles propose un accompagnement personnalisé. Pour Caroline Darian, qui mène ce combat depuis 6 ans, l’objectif est de faire reconnaître la soumission chimique comme un véritable enjeu de santé publique. Ou, selon les mots de Gisèle Pelicot : « Il faut que la honte change de camp. »
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