À Londres, une nuit de club se termine rarement sur la piste : elle s’achève le plus souvent devant le comptoir d’un kebab encore ouvert à 4h du matin.
C’est ce rituel que KOKO, salle de concert emblématique de Camden, a choisi de mettre en avant pour lancer la saison automne/hiver 2026 de son programme KOKO Electronic. À l’occasion de ses 125 ans, le lieu dévoile une campagne réalisée par Eoin Glaister et produite par Stink Films, qui rend hommage à la culture nocturne londonienne à travers son dernier arrêt obligatoire.
Un kebab comme mémoire de la nuit
Le film se déroule entièrement dans un kebab fictif. On y suit son gérant, un homme visiblement tourmenté, qui se remémore les clients excentriques qu’il a servis au fil des époques musicales. Chaque souvenir fait défiler une génération de clubbers, avec ses codes, ses tenues et ses excès.
Parmi eux, une apparition remarquée : celle du producteur australien DJ Boring, grimé en punk des années 1980. Le réalisateur y applique son humour londonien irrévérencieux, porté par une direction créative très travaillée. Plutôt que de filmer la piste de danse, la campagne s’intéresse à ce qui se passe après, là où la nuit se raconte vraiment.
Des affiches façon menu à emporter
Avant la sortie du film, la campagne s’est d’abord installée dans la rue. Des affiches énigmatiques imitant les menus de vente à emporter ont été collées sur les murs de la ville, sans explication apparente, dans une logique de guérilla marketing.
Chacune comportait un mystérieux numéro de téléphone livrant des indices sur la programmation à venir. Un dispositif simple, cohérent avec l’univers du film, qui a permis de créer l’attente auprès du public avant le lancement officiel de la saison.
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Une institution de 125 ans toujours dans le tempo
Au-delà du film et de l’affichage, la saison AW26 s’appuie sur des ateliers pluridisciplinaires et une programmation dense. L’ensemble forme un dispositif complet, de la production soignée aux affiches de rue, pensé pour toucher aussi bien les habitués qu’une nouvelle génération de clubbers.
Pour une salle plus que centenaire, l’enjeu est de rester pertinente dans la culture club actuelle. En choisissant le kebab plutôt qu’un discours patrimonial, KOKO parle le langage de son public et rappelle qu’une institution peut célébrer son histoire avec autodérision, sans se prendre trop au sérieux.
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