Ron DeSantis a passé ses deux mandats à nier le changement climatique, mais il aura suffi d’un après-midi de soleil floridien pour que sa propre statue commence à fondre.
À quelques semaines des élections de mi-mandat américaines de novembre, l’organisation climatique 350 Action s’est associée à Uncommon Creative Studio et à la société de production m ss ng p eces pour une opération baptisée « DENIAL ». Le principe : installer une statue argentée à l’effigie du gouverneur de Floride devant des soutiens réunis pour lui rendre hommage, puis laisser la chaleur faire le reste.
Un métal qui fond à 29,8°C
La statue a été entièrement sculptée dans le gallium, un métal qui devient liquide à 85,6°F, soit environ 29,8°C. C’est moins que les températures maximales moyennes d’un été à Tallahassee, la capitale de l’État. Devant les supporters venus saluer la fin de mandat du gouverneur, l’effigie s’est donc progressivement affaissée sous le soleil.
Pour Sam Shepherd, directeur de la création d’Uncommon, tout est parti du matériau. Selon lui, la fonte montre que le déni climatique est une performance, qui paraît solide jusqu’à ce que les conditions changent. Il résume : « La physique fait l’argument, et on ne peut pas contester la physique comme on conteste une pub. »
Faire du climat un enjeu de vote
Le choix de la cible n’a rien d’anodin. Ron DeSantis a notamment signé la loi HB 1645, qui a retiré la mention du « changement climatique » de la législation floridienne, alors que la Floride figure parmi les États les plus exposés aux catastrophes naturelles.
L’opération ne vise pourtant pas les climatosceptiques, mais les électeurs déjà convaincus. Selon Candice Fortin, responsable de campagne chez 350 Action, la plupart des Américains veulent une action climatique. Beaucoup ne votent pourtant pas aux midterms, ou ne font pas le lien entre leur bulletin et les inondations ou canicules qu’ils subissent. D’où un appel simple : « deny the deniers », autrement dit, rejeter dans les urnes ceux qui nient le climat.
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Laisser le soleil diriger le tournage
Côté production, l’exercice comportait une large part d’imprévu. Josh Nussbaum, réalisateur et associé chez m ss ng p eces, reconnaît qu’il a fallu accepter le chaos : en Floride, « le soleil était le seul vrai patron », et il n’allait pas attendre qu’on crie « action ». L’équipe a donc placé ses caméras pour capter chaque réaction de la foule, en misant sur la spontanéité plutôt que sur les prises de sécurité.
Pour Sam Shepherd, la leçon est aussi celle de la retenue. Tout dans « DENIAL » repose sur des éléments réels : une vraie loi, une facture bien réelle chiffrée en milliards de dollars pour les tempêtes et inondations, un vrai point de fusion. « La provocation sans vérité n’est que du bruit », estime-t-il. Il a d’ailleurs préféré faire confiance au public plutôt que d’ajouter une longue signature explicative.
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