On a tous le même réflexe : dès que le thermomètre grimpe, on dégaine la crème solaire pour la plage, la rando ou la piscine. Mais une fois assis derrière notre volant, on a tendance à se croire invulnérable, protégé par une barrière de verre invisible.
Pourtant, le soleil ne s’arrête pas à la portière. Pour frapper les esprits et rappeler que la route n’est pas une zone de sécurité pour l’épiderme, la chaîne australienne MyCar Tyre & Auto vient de lancer une opération marquante baptisée « The Sunburnt Car ». L’idée ? Une voiture qui « attrape » des coups de soleil pour nous forcer à regarder la réalité en face.
L’hyperréalisme au service de la prévention médicale
Pour donner vie à ce projet, l’agence TBWA\Eleven Australia a fait appel aux sorciers du design et des effets spéciaux de chez Odd Studios. Ensemble, ils ont recouvert un véhicule entier d’une peau synthétique ultra-réaliste. Ce revêtement n’est pas seulement là pour l’esthétique : il a été conçu pour réagir visuellement à l’exposition solaire prolongée, imitant ainsi les dommages subis par l’homme.
Le résultat est volontairement dérangeant. On y découvre des zones de brûlures, de la desquamation (la peau qui pèle), des irritations sévères, mais aussi des reproductions de grains de beauté suspects et de mélanomes. Ce travail minutieux a été réalisé sous la supervision de la Dr Joanneke Maitz, chirurgienne spécialisée dans les brûlures. L’installation, dévoilée à Sydney, permet aux passants d’observer comment les radiations traversent silencieusement le pare-brise pour endommager les tissus.

Un décalage alarmant entre perception et réalité
Pourquoi une telle mise en scène ? Parce que les chiffres fournis par MyCar sont inquiétants. Si 92% des Australiens affirment faire attention au soleil, ils sont 72% à admettre qu’ils ne se protègent jamais lorsqu’ils voyagent en voiture. Plus grave encore, 70% des conducteurs pensent être totalement à l’abri à l’intérieur de leur habitacle.
La vérité technique est pourtant bien différente : les vitres standard ne bloquent pas l’intégralité des rayons ultraviolets. L’initiative s’appuie sur le témoignage poignant d’Anne Gately, auteure et survivante d’un mélanome, qui rappelle que chaque trajet quotidien est une exposition qui s’accumule. En détournant le véhicule, objet central de son métier, MyCar prouve que son engagement pour la sécurité des clients dépasse largement l’entretien des pneus ou la vidange du moteur.
LIRE AUSSI : Des peaux brûlées en temps réel pour alerter sur les dangers du soleil
55 000 rappels visuels pour changer les habitudes
Pour transformer cette prise de conscience en action concrète, la marque ne s’est pas contentée d’une installation artistique. Elle a créé 55 000 autocollants intelligents appelés « Sunspot ». Ces stickers, sensibles aux UV, changent de couleur dès qu’ils détectent un rayonnement important à l’intérieur du véhicule. C’est un signal visuel simple et immédiat pour inciter les passagers à appliquer de la crème solaire.
Cette solution répond à une attente forte, puisque l’étude révèle que 66% des conducteurs jugeraient utile d’avoir un rappel visuel dans leur habitacle. En distribuant ces autocollants gratuitement dans ses 275 points de vente, MyCar s’inscrit dans une démarche de service utile. La campagne, amplifiée par des créateurs de contenu sur les réseaux sociaux, réussit le pari de rendre visible une menace invisible, prouvant qu’en publicité, une image forte vaut parfois mieux que mille longs discours.
LIRE AUSSI : Une pub WTF et gore pour prouver que le soleil vous arrache la peau








