Il y a des chansons qui traversent le temps et des causes qui, malheureusement, ne perdent rien de leur urgence.
Pour sa nouvelle campagne annuelle, le Sidaction frappe fort en s’appuyant sur l’un des plus beaux hymnes à la solidarité : « Quand on n’a que l’amour » de Jacques Brel.
Le film, d’une poésie brutale, nous montre deux jeunes gens tentant de s’aimer, mais littéralement arrachés l’un à l’autre par une force invisible : le VIH. Ce n’est que grâce à l’intervention de passants, symbolisant les donateurs, que le lien ne rompt pas. Une métaphore puissante pour rappeler que sans soutien collectif, la lutte s’effondre.
Une chorégraphie pour protéger l’amour
Accompagnée par l’agence MNSTR depuis décembre 2025, l’association créée en 1985 change de ton. Après avoir exploré les dérives du masculinisme avec l’activation « Alpha Safe », la nouvelle campagne baptisée « Fight for love » mise sur l’émotion pure et l’esthétique cinématographique. Réalisé par Julien Vallon, le film bénéficie d’un casting prestigieux avec les acteurs Alice Isaaz et Abraham Wapler, portés par la voix off envoûtante de Zahia Dehar.
La gestuelle, réglée par la chorégraphe Manon Bouquet, illustre parfaitement la fragilité de notre situation actuelle. Comme le souligne Louis Bonichon, directeur de la création chez MNSTR, le choix de Brel était une évidence. Écrit dans un contexte politique tendu, ce texte résonne avec une force particulière aujourd’hui : la victoire contre le sida est à portée de main, mais elle ne tient littéralement qu’à un fil.

L’urgence d’un combat qui s’accélère
Derrière la beauté des images se cache une réalité statistique alarmante. En 2023, le VIH touchait encore près de 39,9 millions de personnes dans le monde. Plus inquiétant encore, en France, Santé publique France note une hausse de 41 % des découvertes de séropositivité chez les moins de 24 ans sur les dix dernières années.
Le climat social n’aide en rien : 66 % des jeunes refuseraient aujourd’hui de débuter une relation avec une personne séropositive. Pour Alexandre Jalbert, directeur de la communication de l’association, l’amour est en danger car la haine et la stigmatisation progressent tandis que les financements internationaux reculent. Dire que « l’amour est en danger », c’est alerter sur le risque de voir l’épidémie repartir alors que nous avons tous les outils pour l’éteindre.
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Une mobilisation nationale pour le week-end du Sidaction
Pour porter ce message au plus grand nombre, un dispositif média massif a été déployé. Grâce à des partenaires comme Mediatransports et JCDecaux, la campagne s’affiche dans le métro parisien et dans près de 400 villes françaises. Dès ce mercredi 25 mars, le film envahit les écrans de cinéma et les chaînes de télévision partenaires. Sur le web, c’est l’agence Values.media qui orchestre la stratégie pour toucher les nouvelles générations.
Ce déploiement prépare le terrain pour le grand week-end de collecte prévu du 26 au 28 mars. Pas moins de 34 médias TV et radio seront mobilisés pour inciter aux dons. Rappelons que chaque euro compte pour la recherche et la prévention. Pour participer, rien de plus simple : un don peut être effectué par SMS au 92110. L’heure est à la solidarité pour que l’amour ne soit plus jamais synonyme de danger.
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