On a tous connu ce moment de solitude face à un frigo vide un mardi soir, ou cette lassitude extrême à l’idée de devoir éplucher ne serait-ce qu’une carotte après une journée de travail.
C’est un mal du siècle que l’on n’ose pas toujours nommer : la flemme. Après avoir affiché cette réalité dans le métro en offrant des codes promos aux passants les moins motivés, Seazon a décidé de passer à la vitesse supérieure. La marque de plats préparés ne se contente plus d’accepter votre manque d’envie, elle a décidé de le soigner, ou du moins de le diagnostiquer avec beaucoup d’humour dans sa nouvelle activation digitale.
Docteur, j’ai mal à ma motivation
Pour cette nouvelle campagne, l’agence Raymonde a imaginé un univers où la « flemmitude culinaire » n’est pas un vilain défaut, mais une véritable pathologie clinique qui nécessite l’intervention de professionnels. Le concept repose sur une mise en scène absurde : un cabinet médical où défilent des patients atteints de troubles graves de la motivation.
L’idée est brillante car elle déculpabilise totalement le consommateur. Plutôt que de pointer du doigt ceux qui ne cuisinent pas, la marque transforme cette « faiblesse » en un sketch hilarant. La mission de ces thérapeutes d’un nouveau genre est simple : évaluer le niveau de gravité de la flemme de leurs patients. Et sans surprise, le diagnostic est souvent sans appel.
C’est une manière intelligente de créer de la connivence. On se reconnaît tous un peu dans ces patients qui préféreraient manger des pâtes crues plutôt que d’allumer une plaque de cuisson. Seazon se positionne ainsi non pas comme un simple service de livraison, mais comme le remède miracle à un problème existentiel quotidien.

Un casting d’experts totalement improbables
Pour incarner ce corps médical déjanté, la marque a eu le nez fin en s’entourant de deux personnalités issues du web et de l’humour, garantissant ainsi une viralité naturelle auprès de la cible. D’un côté, on retrouve Stéphane Malassagne, comédien talentueux récemment mis en lumière par sa victoire dans la saison 1 du jeu Loups Garous sur Canal+. De l’autre, l’humoriste Élodie Arnould, bien connue pour ses sketchs sur la vie quotidienne.
La dynamique du duo fonctionne à merveille grâce à un contraste de méthodes hilarant. Stéphane Malassagne joue la carte de l’analyse froide, du jargon technique incompréhensible et d’une distance émotionnelle qui frôle le malaise. À l’inverse, Élodie Arnould verse dans l’excès d’affect, avec une proximité physique et verbale qui met ses patients (et le spectateur) dans l’embarras.
Cette opposition de styles donne du rythme à la vidéo principale de 2 minutes, format parfait pour YouTube et Instagram, tout en permettant de décliner des shorts de 15 secondes percutants. C’est de l’acting pur qui sert le propos sans jamais paraître trop commercial.

L’ordonnance est servie sur un plateau
Au final, toute cette mise en scène théâtrale ne sert qu’un seul but : amener la solution comme une évidence médicale. Si le cas est grave (et ils le sont tous), la prescription est unique : un abonnement Seazon. La marque rappelle ici sa promesse de valeur fondamentale : la charge mentale de la cuisine disparaît totalement.
Plus besoin de faire les courses, de cuisiner ou de faire la vaisselle. Il suffit de commander des plats sains, gourmands et concoctés par des chefs, pour tous les jours de la semaine. En traitant le sujet sous l’angle de la thérapie, Seazon et Raymonde réussissent à valoriser le produit non pas comme un luxe, mais comme une nécessité pour la santé mentale des flemmards.
C’est une campagne qui fait du bien, car elle nous autorise enfin à lâcher prise sans manger n’importe quoi. Et honnêtement, qui n’a jamais rêvé qu’un médecin lui prescrive officiellement d’arrêter de cuisiner ?





