Il fut un temps où passer un appel depuis le sommet d’une montagne ou le pont d’un bateau relevait presque de la magie.
C’est cette émotion des débuts du téléphone portable que l’agence Raymonde a voulu retrouver pour Rogervoice, l’application qui permet aux personnes sourdes et malentendantes de téléphoner. Quelques mois après avoir remporté le budget, l’agence signe une campagne qui rappelle qu’un geste devenu banal pour la plupart d’entre nous reste, pour d’autres, loin d’être acquis.
Tous les sens du mot appel
La campagne joue sur la polysémie du mot « appel » : l’appel du devoir, l’appel du cœur, l’appel du large, l’appel manqué. Chaque déclinaison met en scène un échange qui paraît évident et pose, en creux, une question simple : comment font les personnes sourdes et malentendantes pour téléphoner ?

L’objectif est de montrer ce qu’un appel rend possible avec Rogervoice : retrouver de l’autonomie, garder le lien et partager la vie de tous les jours. Le ton évite deux écueils fréquents sur ce type de sujet, le pathos et le discours technique, pour privilégier une approche humaine et émotionnelle, pensée avant tout pour les proches et les aidants.
Décrocher, même au cinéma
Une exécution se distingue par son côté plus espiègle. Au cinéma, la règle est connue de tous : on ne répond pas au téléphone. Pourtant, sur un écran noir, un appel est intercepté en pleine séance. La démonstration est limpide : Rogervoice permet de répondre à absolument tous les appels, y compris ceux qui tombent au plus mauvais moment.
Ce clin d’œil assume une pointe d’humour, en incluant aussi les appels manqués et ceux qui agacent toute une salle. Une respiration fidèle au culot créatif revendiqué par Raymonde, qui permet de parler d’accessibilité sans jamais adopter un ton moralisateur. La signature résume l’ensemble : « Rogervoice, on s’appelle ? »
Les proches comme relais
Pionnier mondial de la transcription d’appels téléphoniques par reconnaissance vocale, Rogervoice a étendu ses services à la visio-interprétation, notamment en langue des signes française. L’application est disponible dans plus de 50 pays et a déjà rendu possibles plus de 10 millions d’appels.
En 2026, la marque veut franchir un nouveau cap en démocratisant son service auprès du grand public. D’où le choix de cibler les proches des personnes sourdes et malentendantes, considérés comme de véritables prescripteurs de la solution. Plutôt que de s’adresser uniquement aux utilisateurs, Rogervoice parle à ceux qui les entourent et qui peuvent faire connaître l’application autour d’eux.
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