C’est une onde de choc qui a secoué la sphère tech hier cette semaine. Mardi, l’annonce est tombée sur X : OpenAI met fin à toutes les activités de Sora, son générateur de vidéos ultra-médiatisé.
Pour beaucoup, c’est la fin d’une ère qui n’aura duré que deux ans. Lancé en 2024, l’outil avait promis de révolutionner le divertissement avant de devenir un véritable réseau social, sorte de TikTok dopé à l’intelligence artificielle. Aujourd’hui, la mascotte aux yeux étoilés tire sa révérence, laissant derrière elle des millions d’utilisateurs et une industrie du marketing en plein questionnement.
We’re saying goodbye to the Sora app. To everyone who created with Sora, shared it, and built community around it: thank you. What you made with Sora mattered, and we know this news is disappointing.
We’ll share more soon, including timelines for the app and API and details on…
— Sora (@soraofficialapp) March 24, 2026
L’arithmétique brutale du GPU
Le succès d’estime n’a pas suffi à sauver Sora. Si l’application avait franchi la barre du million de téléchargements en une semaine lors de son lancement, la réalité économique a fini par rattraper les ambitions d’OpenAI. Faire tourner un modèle vidéo coûte une fortune : les coûts d’exploitation quotidiens étaient estimés à 15 millions de dollars, alors que les revenus mensuels plafonnaient péniblement à 367 000 dollars.
La stratégie du « tout illimité » incluse dans l’abonnement ChatGPT Pro à 200 dollars par mois a créé une équation intenable. Chaque vidéo générée dévorait une puissance GPU colossale, des ressources que l’entreprise préfère désormais allouer à des projets plus stratégiques. La pression est réelle : entre l’entraînement de GPT-5 et l’optimisation du modèle de raisonnement o3, OpenAI ne peut plus se permettre de financer ce que sa CEO Applications, Fidji Simo, qualifie désormais de « quêtes secondaires ».
Un virage stratégique avant la Bourse
Cette fermeture intervient dans un climat de rationalisation intense. Avec une introduction en bourse à l’horizon et une valorisation vertigineuse de 730 milliards de dollars à défendre, OpenAI nettoie son portefeuille. Sora n’est pas la seule victime : la fonctionnalité Instant Checkout disparaît également, au profit d’une « super-app » fusionnant navigateur et ChatGPT.

Le coup de grâce est sans doute venu de la rupture du partenariat avec Disney. En décembre 2025, un accord historique prévoyait l’intégration des personnages du studio dans l’interface de Sora, soutenu par un investissement d’un milliard de dollars. L’accord n’a jamais été finalisé, Disney préférant finalement garder le contrôle sur sa propriété intellectuelle, peut-être pour se tourner vers des solutions concurrentes comme Google Veo 3.
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La fin du mirage de la vidéo jetable
La disparition de Sora ne signifie pas pour autant la mort de la vidéo générative. Des acteurs comme Luma avec Ray 2 ou ByteDance occupent déjà le terrain. Cependant, cet arrêt brutal marque la fin d’une certaine euphorie. Produire du « slop » (ces contenus générés à la chaîne sans réelle valeur ajoutée) à l’échelle industrielle s’est avéré être un gouffre financier sans modèle économique viable.
Pour les créateurs, l’urgence est désormais à la sauvegarde des contenus. OpenAI a promis un calendrier de fermeture précis et des outils pour préserver les productions avant que les serveurs ne s’éteignent définitivement. Sora restera comme une démonstration technique bluffante, mais aussi comme la preuve que, dans le monde de l’IA, la puissance de calcul reste la ressource la plus précieuse et la plus sélective.
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