On a tous vécu ce moment de solitude en réunion. Celui où l’agence média déroule sa présentation, et où l’on se retrouve noyé sous des acronymes barbares, des tableaux Excel illisibles et des concepts fumeux censés justifier des budgets colossaux.
Le secteur est devenu une machine à complexité, souvent opaque, où la technique a fini par étouffer le bon sens. C’est pour dire stop à cette surenchère que no thanks, une nouvelle agence média indépendante, vient de voir le jour à Paris avec une promesse rafraîchissante : le média n’a pas besoin d’être ennuyeux pour être efficace.
Le média sans le Doliprane
Derrière ce nom provocateur se cachent deux profils complémentaires qui partagent le même ras-le-bol. D’un côté, Alexandre Chavagnac, expert des stratégies internationales passées par des géants comme Zalando, Kering ou Estée Lauder. De l’autre, Valentin Fertillet, CEO et cofondateur de l’agence créative Socialclub. Leur constat est simple : trop d’idées fortes se perdent dans des tuyaux mal connectés.
no thanks se positionne comme l’antidote aux agences traditionnelles. Ici, on refuse le « bullshit » et le jargon qui ne sert qu’à masquer le vide. L’objectif est de revenir aux fondamentaux : concevoir et exécuter des stratégies sans détour.
Comme le résume très bien Alexandre Chavagnac : « Si une stratégie ne peut pas être expliquée simplement, c’est qu’elle n’est pas claire. Et si elle n’est pas claire, elle n’est probablement pas efficace ».

La réconciliation du couple Créa / Média
La grande force de cette nouvelle structure réside dans son approche du « comms planning ». C’est une discipline anglo-saxonne encore trop rare en France, où les agences créatives et les agences média travaillent souvent en silos, chacune dans son coin. Chez no thanks, la création et le média discutent d’égal à égal dès le premier jour.
L’idée est qu’une bonne campagne ne vaut rien si elle n’est pas diffusée intelligemment, mais qu’un plan média béton ne sauvera jamais une idée médiocre. L’agence accompagne donc les marques de A à Z : de la conception stratégique à l’achat d’espace, en passant par la négo et le suivi des performances.
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C’est une vision holistique qui permet d’éviter la déperdition d’énergie et de budget. En intégrant le concept créatif au cœur de l’exécution média, on s’assure que le message touche sa cible non seulement au bon endroit, mais aussi de la bonne manière.
Des preuves plutôt que des promesses
L’agence n’a pas attendu son lancement officiel pour tester son modèle. Elle accompagne déjà des clients avec des dispositifs qui illustrent parfaitement cette philosophie. On peut citer la campagne « Souvenirs of Love » pour l’application de rencontre Hinge, déployée en France et en Allemagne en collaboration avec Socialclub.
Plutôt que de se contenter d’un plan d’affichage classique, no thanks a tissé des partenariats éditoriaux pertinents pour étendre les récits des couples formés sur l’app. Cela s’est traduit par des podcasts avec Binge Audio, des films d’animation avec Bound Media ou encore du contenu print dans Society.
C’est typiquement le genre d’orchestration fine qui donne de la profondeur à une marque. L’agence a également piloté la première campagne offline de Timeleft dans le métro parisien, prouvant sa capacité à gérer des enjeux de notoriété rapide. Avec un démarrage aussi concret, no thanks semble bien partie pour bousculer les habitudes d’un marché qui en a grand besoin.
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