Les affiches collées à la va-vite sous la pluie et les tracts distribués au petit matin sur les marchés ont encore leur charme, mais en 2026, l’élection se gagne (ou se perd) d’abord sur les écrans.
À l’approche des municipales, les plateformes sociales sont devenues le véritable ring où s’affrontent les candidats à coups de punchlines, de vidéos courtes et de polémiques calculées. Une récente analyse dévoilée par Visibrain chiffre ce phénomène avec une précision chirurgicale. Préparez-vous, le volume de bruit numérique n’a jamais été aussi assourdissant.
Un volume record dopé aux robots sur X
Les chiffres donnent le vertige. En un seul mois, ce sont plus de 2,8 millions de messages qui ont été publiés sur les réseaux sociaux au sujet des élections, soit près de 96 000 par jour. C’est 15% de plus qu’aux municipales de 2020 et trois fois plus que lors des dernières Législatives. Au centre de ce tumulte, l’inévitable réseau X monopolise 91% des conversations.

Mais attention à ne pas s’y tromper : cette hyperactivité cache une réalité bien plus artificielle. L’outil d’analyse pointe du doigt une explosion de l’astroturfing. De nombreux comptes fantômes, fraîchement créés, crachent jusqu’à 1 000 tweets quotidiens pour donner l’illusion d’un mouvement de masse. Selon les données, près de 60% des internautes engagés dans ces discussions seraient en réalité des robots. Une stratégie de saturation qui fausse totalement le thermomètre de l’opinion.
LinkedIn s’invite dans l’arène politique
Pendant que X s’étouffe sous les bots, LinkedIn fait sa mue. Oubliez les traditionnels posts de recherche d’emploi ou d’autosatisfaction corporate : le réseau professionnel devient le nouveau salon mondain de la politique. Les journalistes, les influenceurs et les élus s’y écharpent désormais ouvertement, recréant une dynamique de clash qu’on pensait réservée à d’autres plateformes.
À Paris, cette mutation est évidente. Sarah Knafo utilise abondamment la plateforme pour tacler les sorties d’Emmanuel Grégoire, candidat de l’union de la gauche, qui de son côté préfère encore réserver ses piques à X. Ce glissement des usages prouve que les candidats cherchent désormais à politiser l’audience cadre et dirigeante là où elle passe son temps de cerveau disponible.
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TikTok dicte l’agenda (et les bad buzz)
C’est cependant sur la vidéo courte que se joue la véritable bataille de l’image. Comme nous l’avions déjà souligné dans notre article analysant comment les candidats s’emparent de TikTok, Sarah Knafo domine outrageusement l’algorithme chinois. Avec trois vidéos quotidiennes et 4,2 millions de vues en un mois, la candidate devance Rachida Dati de 48% en termes d’audience. Elle est d’ailleurs la personnalité parisienne qui a raflé le plus de nouveaux abonnés tous réseaux confondus (+94 200), devançant Rachida Dati et Emmanuel Grégoire.

Mais le volume n’immunise pas contre le retour de flamme. Jean-Noël Buisson, expert chez Image 7, relève que sa récente tentative de diversion sur le prix du pass Navigo n’a pas étouffé la polémique initiale, qui a cumulé près de 6 millions de vues. Car si l’on écoute les réseaux sociaux, les vrais sujets de fond restent inébranlables : la santé, les transports et la sécurité dominent largement les débats, devant la culture et la propreté. Le digital amplifie les voix, mais au final, les préoccupations restent ancrées dans le bitume.
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