Quand une campagne de prévention de santé publique réussit l’exploit de devenir un véritable phénomène culturel, il serait dommage de s’arrêter en si bon chemin.
L’année dernière, le public découvrait avec un mélange de choc et d’amusement l’injonction culte pour encourager le dépistage du cancer colorectal. En 2026, à l’occasion de Mars Bleu, le mois dédié à cette cause cruciale, l’initiative fait son grand retour. Toujours aussi directe, toujours aussi libératrice, cette nouvelle prise de parole prouve que l’audace créative est souvent le meilleur remède contre l’indifférence collective.
L’art de transformer la provocation en habitude de santé
On ne change pas une formule qui gagne, on l’amplifie. L’agence BBDO Paris et La Ligue contre le cancer ont fait le choix stratégique de conserver la tonalité provocatrice et épurée qui a fait le succès foudroyant de la première édition.

L’idée fondatrice n’est plus simplement de choquer pour attirer l’attention, mais d’installer durablement cette expression dans notre vocabulaire courant. Dire « Va chier » à un membre de sa famille n’est plus une insulte du quotidien, c’est désormais une preuve d’amour assumée qui peut littéralement lui sauver la vie.
Aujourd’hui, deux tiers des personnes directement concernées refusent ou repoussent ce test médical. Pourtant, la mécanique est d’une simplicité enfantine : l’examen se réalise tranquillement à la maison, en cinq minutes chrono. L’enjeu de santé publique est colossal puisque pris à temps, ce type de maladie se guérit dans 90% des cas. L’urgence absolue justifie pleinement cette liberté de ton, qui s’inscrit dans le prolongement parfait de la toute première édition lancée en 2025 par l’agence.

Huit célébrités sur le trône pour banaliser le dépistage
Pour recréer l’événement médiatique et démultiplier la résonance du message cette année, la saison 2 s’offre une incarnation de tout premier plan. Fini l’anonymat conceptuel, place à huit personnalités issues d’horizons très variés : Franck Dubosc, Kyan Khojandi, Mademoiselle Agnès, Zyva Studio, Suzane, Enzo Lefort, Paola Locatelli et Marine Leonardi.
Derrière l’objectif, on retrouve la talentueuse Charlotte Abramow. La photographe, reconnue pour son approche visuelle très graphique et profondément engagée, a immortalisé ce casting prestigieux dans une situation pour le moins inhabituelle : posant nonchalamment à côté de toilettes. C’est d’ailleurs elle qui a mobilisé ce beau monde pour poser derrière son objectif.
Le dispositif de communication, déployé massivement en affichage via JCDecaux, dans la presse écrite et sur les plateformes digitales, démontre avec brio que la prévention n’a pas du tout besoin d’être anxiogène pour marquer les esprits.
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Le merchandising solidaire au service de la recherche médicale
Au-delà de sa puissance purement médiatique, la campagne prolonge intelligemment son existence dans la vie réelle grâce à une boutique solidaire. Largement plébiscités par le grand public l’an passé, les t-shirts, mugs et tote-bags frappés du fameux slogan reviennent en force sur le devant de la scène.
Ces objets dérivés ne sont pas là que pour soigner votre style. Ils transforment chaque acheteur en ambassadeur ambulant du dépistage dans l’espace public. Surtout, ils permettent de récolter des fonds vitaux, puisque l’intégralité des bénéfices est directement reversée à La Ligue contre le cancer pour financer la recherche. C’est une stratégie brillante pour joindre l’utile à l’agréable : on affiche son irrévérence tout en finançant la lutte contre la maladie. Cette année, le message est plus incarné, plus proche des gens, et toujours au service de l’essentiel : faire parler pour faire agir.
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