On connaît tous ce moment fatidique. Vous êtes en train de déguster un snack au fromage, le plaisir est total, mais soudain, le drame survient : vous devez répondre à un texto ou attraper vos clés.
Sauf que vos doigts sont recouverts de cette fameuse poudre orange fluo, aussi délicieuse que tenace. C’est un problème universel que KFC France et Cheetos ont décidé de tacler avec humour à l’occasion de leur nouvelle collaboration. Loin de se contenter de lancer de nouveaux burgers, les deux marques, accompagnées par l’agence SOCIALCLUB, dévoilent l’accessoire dont on ignorait avoir besoin : des mitaines de dégustation.
De la galère du quotidien à l’insight créatif
L’idée de base est aussi grasse que brillante. Pour célébrer l’arrivée de la gamme « Extra Cheddar » (burgers, loaded fries, glaces), il fallait marquer le coup. Mais qui dit overdose de cheddar dit forcément doigts collants, traces suspectes sur l’écran du smartphone et vêtements ruinés. C’est en partant de cet insight très concret que SOCIALCLUB a imaginé une réponse produit.
Au lieu de cacher ce côté « messy » (désordonné) de la dégustation, l’agence a choisi de l’embrasser totalement. La solution ? Une paire de mitaines spécialement conçue pour manger son poulet frit sans laisser de preuves derrière soi.
C’est un parfait exemple de transformation d’une contrainte produit en opportunité conversationnelle. On ne vend plus seulement un menu, on vend une expérience décomplexée où se lécher les doigts devient presque un acte de revendication stylistique.

L’art de la rareté : la « drop culture » appliquée au fast-food
Esthétiquement, l’objet joue la carte du kitsch assumé. Design orange vibrant, motifs inspirés de Chester (la mascotte emblématique de Cheetos), signature brodée… C’est un accessoire mi-mode, mi-utilitaire, mais 100% décalé. Mais attention, ne cherchez pas ces mitaines en caisse lors de votre prochaine commande.
Pour rendre l’objet désirable, la mécanique repose sur la rareté. Seulement 400 exemplaires ont été produits. Ils ne sont pas à vendre, mais à gagner exclusivement via un jeu concours sur les comptes TikTok et Instagram de la marque. C’est une stratégie classique mais redoutable de « drop » (lancement limité) qui permet d’activer la communauté.
En créant une pénurie artificielle sur un objet aussi absurde, KFC France s’assure un engagement fort sur ses plateformes sociales. Les fans ne jouent pas pour la valeur pécuniaire de l’objet, mais pour le « flex » de posséder cet artefact de la pop culture.

Une campagne « social-first » portée par Marrant Club
Pour incarner cette folie douce, il fallait des ambassadeurs capables de comprendre le second degré de l’opération. C’est le duo d’influenceurs Marrant Club qui a été chargé de la direction artistique de la campagne. Connus pour leur humour absurde, ils ont transformé ces mitaines en héroïnes d’un « photo dump » surréaliste.
Le résultat visuel détourne les codes de la mode et du lifestyle. On est loin des packshots produits aseptisés. Ici, les mises en scène sont volontairement exagérées, mêlant poses de mannequins et situations improbables avec du poulet frit. Cette approche « social-first » est cruciale : elle fournit du contenu natif, divertissant et surtout partageable.
SOCIALCLUB réussit ici le pari de faire sortir la campagne du cadre purement alimentaire pour toucher à l’entertainment. Au final, que l’on gagne ou non la paire de mitaines, le message est passé : chez KFC, on peut s’en mettre plein les doigts, c’est même recommandé.







