Le monde de l’intelligence artificielle ne connaît pas de pause, et OpenAI semble bien décidé à maintenir son avance, quel qu’en soit le prix.
Alors que la firme de Sam Altman a récemment fait couler beaucoup d’encre avec un partenariat controversé avec le Pentagone (une collaboration que son concurrent Anthropic a poliment déclinée pour des raisons éthiques) elle vient de franchir un nouveau cap symbolique qui redéfinit les échelles de grandeur du web.
Entre croissance insolente de l’audience et investissements abyssaux, la licorne de San Francisco joue une partition complexe où la popularité massive doit désormais se conjuguer avec une viabilité économique encore incertaine.
Une audience mondiale qui tutoie les sommets
C’est officiel : ChatGPT compte désormais 900 millions d’utilisateurs actifs hebdomadaires. Ce chiffre, communiqué par OpenAI, témoigne d’une accélération fulgurante. À titre de comparaison, l’outil ne revendiquait « que » 800 millions d’utilisateurs en octobre dernier. En quelques mois seulement, ce sont 100 millions d’utilisateurs supplémentaires qui ont intégré l’IA dans leur quotidien, rapprochant la plateforme du seuil mythique du milliard.
Cette adoption massive ne concerne pas uniquement le grand public : les usages professionnels explosent. Codex, l’outil dédié aux développeurs, a vu son nombre d’utilisateurs tripler depuis le début de l’année pour atteindre 1,6 million d’actifs par semaine.
La monétisation commence également à porter ses fruits, du moins en apparence. OpenAI annonce fièrement plus de 50 millions d’abonnés payants chez les particuliers et plus de 9 millions d’entreprises clientes.
Les mois de janvier et février 2026 ont d’ailleurs été marqués par des records de nouvelles souscriptions, prouvant que la valeur perçue de l’outil reste forte malgré l’émergence d’une concurrence de plus en plus affûtée. Mais pour soutenir cette infrastructure gargantuesque, il faut des ressources, et pas qu’un peu.

Une levée de fonds record pour une valorisation stratosphérique
Pour financer ses ambitions, OpenAI vient de boucler une levée de fonds historique de 110 milliards de dollars. Le tour de table ressemble à un « Who’s Who » de la tech mondiale : Amazon mène la danse avec un ticket de 50 milliards, suivi de près par Nvidia et SoftBank, injectant chacun 30 milliards de dollars.
Grâce à cette injection massive de cash, la valorisation d’OpenAI grimpe à 730 milliards de dollars, soit plus du double de sa valeur estimée en octobre 2025. Cette confiance des investisseurs s’accompagne de partenariats techniques majeurs qui verrouillent l’écosystème.
Amazon Web Services (AWS) devient ainsi le fournisseur cloud exclusif pour OpenAI Frontier, la version pro de la plateforme. De son côté, Nvidia s’engage à fournir une capacité monumentale de 5 gigawatts (répartis entre l’entraînement et l’inférence) via sa nouvelle architecture Vera Rubin. Microsoft n’est pas en reste et conserve son statut de partenaire privilégié pour les API et les produits destinés au grand public. On comprend ici que la guerre de l’IA est autant une affaire de données que de puissance de calcul brute.
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L’épineuse question de la rentabilité et de la publicité
Derrière cette vitrine étincelante, l’équation financière demeure d’une complexité rare. Selon les estimations, OpenAI pourrait dépenser près de 665 milliards de dollars d’ici 2030 uniquement pour ses infrastructures et l’entraînement de ses futurs modèles. Si l’entreprise vise 280 milliards de dollars de revenus cumulés sur cette même période, l’écart reste colossal.
Pour combler ce déficit potentiel, la firme commence à tester l’affichage de la publicité auprès de ses utilisateurs gratuits aux États-Unis. Un choix stratégique qui marque la fin d’une ère et le début d’une course effrénée vers la rentabilité.
Transformer une audience de 900 millions de personnes en un modèle économique pérenne est le défi majeur de cette année 2026. OpenAI doit désormais prouver que l’IA n’est pas seulement un gouffre financier alimenté par l’enthousiasme des marchés, mais un produit capable de s’autofinancer.
Le passage prochain du milliard d’utilisateurs sera une victoire symbolique, mais c’est bien sur le terrain de la marge opérationnelle et de l’innovation durable que se jouera l’avenir de la firme.
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