Faire ses courses en famille ressemble souvent à un parcours du combattant. Entre les caprices au rayon bonbons et la négociation diplomatique pour faire accepter un brocoli, les parents sont souvent à court d’arguments.
C’est dans ce quotidien parfois complexe que Auchan et son agence TBWA Paris ont décidé d’intervenir. L’enseigne ne se contente plus de remplir les placards, elle veut désormais éduquer les palais, et surtout ceux des plus jeunes. Avec l’opération « Le Choix des Couleurs », lancée début février 2026, le distributeur s’attaque à un sujet de santé publique majeur avec une arme inattendue : le jeu.
Un constat alarmant transformé en mission pédagogique
Les chiffres font froid dans le dos. Selon une récente étude de l’Assurance Maladie, 1 enfant sur 5 est aujourd’hui touché par le surpoids ou l’obésité en France. Plus précisément, 20% des 6-17 ans sont en surpoids et 5,4% en situation d’obésité. La faute à qui ? Souvent à une densité énergétique des repas trop élevée et à l’omniprésence des produits ultra-transformés qui saturent le marché.
Face à cette réalité, Auchan a choisi de prendre ses responsabilités. Comme le souligne Laurent Francony, Directeur Exécutif RSE & Qualité, la grande distribution a un rôle sociétal à jouer. Il ne s’agit plus seulement de vendre, mais d’accompagner. L’idée de l’enseigne est de casser les codes de la prévention santé souvent trop anxiogène ou complexe.
Ici, la promesse est simple : un repas équilibré est avant tout un repas coloré. Pour prouver que la théorie fonctionne, l’hypermarché de Plaisir (78) a servi de laboratoire les 4 et 5 février 2026. Un espace totalement dédié aux enfants y a été installé, transformant la corvée des courses en une chasse au trésor nutritionnelle.

Le design au service de l’assiette
Pour que le message passe, il fallait sortir du discours médical. L’enseigne a donc misé sur le visuel et le design. Le dispositif repose sur une mécanique ludique : 6 boîtes bentos colorées. Conçues en collaboration avec la product designer Clémence Germain, ces boîtes ne sont pas de simples contenants. Elles reprennent les codes graphiques des halles de produits frais (boucherie, primeur, poissonnerie) et guident l’enfant dans la construction de son repas.
Chaque couleur correspond à une famille d’aliments. L’enfant, devenu acteur de son alimentation, doit composer son plateau en piochant dans les différentes catégories. C’est brillant car cela détourne l’attention : on ne parle plus de « légumes verts obligatoires », mais de compléter une palette de couleurs.
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Pour rendre l’expérience encore plus immersive, l’univers graphique a été confié à l’illustrateur bordelais Alexandre Nart. Sous son crayon, les aliments deviennent des personnages joyeux et attachants. Ce storytelling visuel permet de dédramatiser le rapport à la nourriture saine.
Le parcours en magasin devient un jeu où l’objectif est de remplir ses boîtes pour obtenir le repas parfait. Si ce test s’avère concluant, Auchan envisage déjà de déployer ce dispositif dans d’autres magasins de l’enseigne.

Aldebert donne le la pour la santé publique
Une opération de sensibilisation réussie a besoin d’une voix qui porte. Et qui de mieux pour parler aux enfants que Aldebert ? L’auteur-compositeur-interprète, véritable star des cours de récréation, a prêté son talent au projet. Il ne s’agit pas d’un simple parrainage de façade. L’artiste a composé une chanson originale qui mêle humour et pédagogie, accompagnée d’un clip vidéo diffusé sur les réseaux sociaux.
La musique est un vecteur puissant de mémorisation. En associant une mélodie entraînante au concept du « mieux manger », Auchan s’assure que le message reste en tête bien après la sortie du magasin. C’est une stratégie de « caisse de résonance » indispensable à l’ère des réseaux sociaux.
La marque réussit ici un tour de force : transformer une contrainte de santé publique en un contenu divertissant, viral et positif. En remettant du plaisir et de la couleur dans l’assiette, l’enseigne prouve que la prévention n’est pas forcément synonyme de privation.
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