On a beau aimer le football américain pour ses stratégies complexes et ses chocs titanesques, il faut être honnête : pour une grande partie de la planète, l’événement, c’est le concert de la mi-temps.
Depuis qu’Apple Music a repris les rênes du show en 2023, la marque à la pomme s’efforce de transformer ces quelques minutes de musique en un phénomène culturel global avant même la première note. Cette année, pour le Super Bowl 60, la stratégie monte encore d’un cran avec la révélation du trailer officiel mettant en scène la superstar Bad Bunny. Et le message est clair : préparez-vous à bouger.
Une lettre d’amour à Porto Rico
Oubliez les studios aseptisés ou les fonds verts hollywoodiens. Pour annoncer la couleur du show qui se tiendra le 8 février 2026 au Levi’s Stadium de Santa Clara, Apple Music a choisi l’authenticité radicale. Le trailer a été entièrement tourné à Porto Rico, la terre natale de l’artiste.
Visuellement, le spot frappe fort en plaçant Bad Bunny sous un Flamboyant, cet arbre aux fleurs rouges éclatantes devenu un véritable symbole de l’île. Mais ce n’est pas un clip solitaire. On y voit des personnes de tous âges et de tous horizons rejoindre l’artiste pour danser. C’est une incarnation littérale du concept d’universalité que la marque souhaite pousser.
Sur le son de son titre sorti en 2025, « Baile Inolvidable », la vidéo agit comme une invitation ouverte. Peu importe qui vous êtes ou d’où vous venez, vous êtes conviés à la fête. C’est une rupture intelligente avec l’image parfois trop « américano-centrée » du Super Bowl. Ici, l’ambiance est tropicale, chaleureuse et résolument inclusive.

La stratégie Apple : l’artiste avant la marque
Depuis qu’elle a succédé à Pepsi en tant que sponsor officiel, la plateforme de streaming a imposé sa patte. Là où l’ancien sponsor misait beaucoup sur le branding pur et dur, Apple Music joue la carte de l’immersion artistique. En choisissant Bad Bunny dès septembre dernier, ils ont misé sur l’un des artistes les plus streamés au monde, capable de fédérer bien au-delà des frontières linguistiques.
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Ce trailer confirme cette direction : la marque s’efface presque pour laisser place à la culture de l’artiste. C’est un pari gagnant pour l’image de marque. En valorisant l’héritage portoricain de Bad Bunny, Apple Music se positionne non plus comme un simple diffuseur, mais comme un facilitateur de culture. Le Super Bowl 60 ne sera pas juste un concert, ce sera une célébration latine au cœur de l’événement le plus américain qui soit.

Un écosystème conçu pour l’engagement
Évidemment, derrière la poésie visuelle se cache une mécanique d’engagement bien huilée. Le trailer n’est que la porte d’entrée vers l’écosystème Apple Music. Pour accompagner la montée en pression jusqu’en février, la plateforme déploie une série de contenus exclusifs, notamment des playlists dédiées aux hits de Bad Bunny et à d’autres artistes portoricains.
Mais le coup de génie réside dans l’utilisation de la technologie pour briser la barrière de la langue. Avec la fonctionnalité Apple Music Sing, la marque propose une expérience karaoké avancée. Les fans peuvent ajuster le volume de la voix de l’artiste pour chanter à sa place, avec des paroles qui défilent en rythme.
Mieux encore, pour ceux qui ne maîtrisent pas l’espagnol, l’outil propose des traductions et des guides de prononciation ligne par ligne. C’est une manière brillante d’utiliser la tech pour rendre le show accessible à une audience anglophone, tout en gardant l’authenticité des textes originaux.
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