Il y a 40 ans, un magazine faisait le pari que la culture n’était pas un divertissement, mais une manière de regarder le monde.
Pour célébrer leurs 40 ans, Les Inrockuptibles publient un numéro anniversaire décliné en 4 unes-manifestes signées par l’agence La Chose. Nirvana, Nick Cave, Rosalía et Asia Argento y incarnent une même idée, résumée par la signature du dispositif : « Les Inrockuptibles, incorruptibles depuis 1986 ».
Une longueur d’avance comme ligne éditoriale
Depuis sa création, le magazine s’est imposé comme le média d’une culture qui n’a pas peur de s’engager. Défendre un artiste seul contre tous, trancher quand d’autres hésitent, nager à contre-courant quand le courant a tort : Les Inrocks ont bâti leur réputation sur cette liberté de ton, en refusant de réduire la culture à un simple loisir.
La campagne s’appuie sur une conviction assumée. Le titre n’a jamais suivi la mode, il l’a précédée, en découvrant souvent les artistes et les combats 10 ans avant les autres. Pour la rédaction, suivre la tendance revient déjà à se soumettre. Avoir une longueur d’avance devient alors la preuve qu’on n’est pas corruptible, d’où ce jeu de mots qui sonne comme une évidence.
4 figures que rien n’a jamais rangées
Pour incarner cet esprit, La Chose a retenu 4 artistes aux trajectoires singulières : Nirvana pour le refus de la gloire facile, Nick Cave pour la noirceur faite poésie, Rosalía pour la tradition renversée et Asia Argento pour la transgression sans permission. 4 façons de n’appartenir qu’à soi, autrement dit 4 incorruptibles.
Le contenu du numéro suit la même logique. Le magazine réunit près de 300 personnalités de la musique, du cinéma, des livres, des arts et de la scène, invitées à raconter leur lien avec le journal et à livrer sans filtre leur regard sur l’époque. L’anniversaire devient ainsi un portrait collectif de la culture d’aujourd’hui.
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Le point de vente comme terrain d’engagement
Les 4 unes ne restent pas cantonnées aux pages du magazine. Déclinées en affichage, elles investissent les points de vente et transforment le lieu d’achat en prise de position. Le paradoxe est pleinement assumé : une culture qui ne se vend pas, exposée là même où tout s’achète.
Plutôt que de jouer la carte de la nostalgie, Les Inrocks et La Chose choisissent de revendiquer une posture. Un parti pris cohérent pour un titre qui a toujours préféré affirmer ses goûts avant que le monde ne soit d’accord. Après Radio Nova, l’agence confirme au passage son aisance à faire parler les médias culturels avec des prises de parole franches.
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