Certains objets meurent de vieillesse, d’autres reçoivent un sérieux coup de pouce pour partir plus tôt que prévu.
C’est tout le propos de The Life of Death and the Ensh*ttificator, le nouveau film du Conseil norvégien des consommateurs, signé par l’agence d’Oslo NewsLab. Après un premier volet devenu viral, l’Enshittificator, ce saboteur professionnel de produits, revient avec une associée de choix : la Mort. Le film de 3 minutes 22 accompagne un nouveau rapport consacré à la consommation circulaire et aux systèmes qui poussent à remplacer plutôt qu’à réparer.
Un duo taillé pour l’obsolescence
Le premier film montrait comment les services numériques se dégradent progressivement. Ce second épisode transforme l’obsolescence programmée et numérique en véritable relation de travail : la Mort s’occupe de la fin de vie des produits, tandis que l’Enshittificator les aide à y arriver plus vite.
Écrit et réalisé par August Jorfald, le film réunit Frida Homlung dans le rôle de la Mort et Bjørn Asgeirsson dans celui de l’Enshittificator. On y retrouve l’humour pince-sans-rire propre à NewsLab, déjà à l’origine du très partagé anti-pub de Visit Oslo.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes
Derrière l’absurde, le constat est bien réel. Selon le Conseil, 2 consommateurs sur 3 ont déjà jeté un produit faute de pièces détachées disponibles. Et 3 sur 4 ont vu un appareil électronique devenir inutilisable parce que le support logiciel avait pris fin ou que la compatibilité avait disparu.
Pour Elin Volder Rutle, responsable du développement durable au Conseil norvégien des consommateurs, la qualité doit devenir la norme, car les consommateurs comme la planète y gagnent. L’organisme réclame des garanties plus longues, des réparations moins chères et des règles plus strictes contre les produits conçus pour devenir obsolètes.
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L’humour comme arme de plaidoyer
Le pari créatif est clair : traiter un sujet de politique publique sans glacier qui fond, sans voix off grave ni piano mélancolique. Une approche qui a déjà fait ses preuves. Le premier film avait cumulé des millions de vues et des milliers de commentaires, avant que plus de 70 organisations en Europe et aux États-Unis ne s’en emparent pour mener une campagne de lobbying dans 14 pays.
Avec ce nouvel épisode, le Conseil norvégien confirme qu’un message de fond peut circuler bien plus loin lorsqu’il fait sourire. Si l’obsolescence programmée semble un sujet aride, il suffisait visiblement de lui trouver un visage, ou plutôt deux.
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